Cette mission, nous avons à la vivre dans l'esprit de Nazareth,
dans cette proximité et solidarité avec les personnes vers lesquelles
nous sommes envoyées, dans la simplicité et la sobriété de notre style
de vie, et toujours avec cette " option préférentielle pour les pauvres
" . La mission devient authentique quand elle est recevoir autant que
donner, lorsque nous acceptons de recevoir l'Esprit du Seigneur à travers
les personnes vers lesquelles nous sommes envoyées ; alors …le cercle
de l'Amour peut grandir à l'infini.
Jésus de Nazareth nous entraîne à être présentes là où sont nos frères
et sœurs qui souffrent, là où sont les pauvres, les réfugiés, les sans-papiers,
les chômeurs, les malades du Sida, les enfants mal aimés ou qui souffrent
tout type de violence, les malades psychiques, les vieillards, les prisonniers,
les prostitués, les indigènes ou minorités opprimées, les gens du voyage,
les victimes de la violence, du racisme, de la solitude, de la persécution,
les millions de personnes victimes du désordre structurel mondial et
d'une économie injuste…et les jeunes à qui nous voulons réserver
une attention particulière dans une société où la plupart n'ont pas
de perspectives d'avenir.
Parfois devant tant de personnes blessées par la vie, nous pouvons ressentir
découragement et impuissance, mais notre vocation nous invite à ne pas
fuir, à " être là ", à vivre la " com-passion ", à être témoins d'espérance
au-delà de tous les signes de désespérance et de mort.
A la suite des prophètes et de frère Charles nous rappelant que "
nous n'avons pas le droit d'être des sentinelles endormies " , nous
voulons réaffirmer la dimension prophétique de notre vie religieuse,
faite d'annonce de la Bonne Nouvelle mais aussi de dénonciation de tout
ce qui détruit l'image de Dieu dans la personne et dans la création.