Boire à la source qui ne tarit pas -
que les assoifés d'aujourd'hui viennent s'y désaltérer


Extraits des orientations de la Congrégation - Chapitre 2007

" Appelées par Dieu à ne vivre et à ne travailler que pour Lui seul, en suivant le " Bien-aimé Frère et Seigneur Jésus ", au début de ce troisième millénaire nous ressentons un appel encore plus pressant à nous enraciner dans la contemplation du Christ, pour trouver la lumière et les grâces, afin de grandir dans l'amour du Seigneur et de nos frères et sœurs en humanité. " Dieu est Charité et la charité tend vers l'autre pour être elle-même " (M.Zundel)
Nous croyons à cet Amour qui brûle au cœur de la Trinité et qui, en assumant l'humanité de Jésus nous révèle l'amour personnel, unique, infini de Dieu le Père pour chacune de nous, pour toute l'humanité et toute la création. Tout don de l'Esprit comporte une mission et quand la grâce est infinie, la mission n'a plus de limites. Ce souffle trinitaire façonne notre vision du monde et l'Esprit continue à susciter les plus beaux désirs dans le cœur des hommes … …

Comme à la Samaritaine, Jésus continue à nous demander de l'eau… l'eau de notre foi pour nous donner ensuite l'eau vive, pour nous faire boire à la source qui ne tarit pas et pour que les " assoiffés " d'aujourd'hui viennent s'y désaltérer: " Si tu savais le don de Dieu … " (Jn 4)


Plusieurs défis du monde d'aujourd'hui traversent notre vie communautaire dans les fraternités où nous devons apprendre à accueillir les différences de tempérament, d'âge, de nationalités, de cultures, d'appels…
Le pouvoir, l'individualisme, la compétitivité, la course effrénée, l'apparence, l'argent, tendent à produire des personnes déshumanisées, sans racines, sans futur. Tout cela affecte notre monde mais aussi notre vie religieuse. Sur ce fond d'angoisse et d'insécurité la parole d'Isaïe : " Si vous ne tenez pas à moi vous ne tiendrez pas " (Is 7,9b) et la parole de Jésus " celui qui croit au Fils a la vie éternelle " (Jn 3,36), prennent toute leur force.
Celui qui croit a le Royaume de Dieu dans son cœur, ce Royaume qui est la Présence de Dieu dans la " justice, la paix, la joie dans l'Esprit Saint " (Rom 14,17).

Pour que la foi prenne consistance dans le Nazareth de nos vies, il nous faut trouver des espaces de vie contemplative où la parole est intériorisée sous le regard de Celui qui nous garde dans l'Amour. Cette " foi-confiance " dans la Parole donne stabilité, devient respiration, rythme, paix .
Si l'Amour habite en nous, si notre cœur se tourne à chaque instant vers cette source unifiante de Jésus, présent dans l'Eucharistie, dans la Parole, dans le pardon et la réconciliation, notre intelligence s'habille de lumière et notre cœur se convertit continuellement à cet Amour qui " prend patience, rend service, ne jalouse pas, ne cherche pas son intérêt, n'entretient pas de rancune… il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout " (1 Cor 13,4).
Nous comprendrons alors que la personne qui est devant nous, dans le mystère de sa différence, est appelée comme nous à entrer dans le projet du Père qui veut nous partager sa joie.

La " différence " ainsi purifiée devient richesse : " à ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l'amour que vous aurez les uns pour les autres " (Jn 13/35).
Ainsi, notre vie communautaire devient Bonne Nouvelle pour nous-mêmes, pour nos sœurs, mais aussi pour le monde et l'Eglise. Elles devient signe de Fraternité Universelle, faite de relations authentiques, source de la vraie joie dont notre monde a tant besoin.
La fraternité devient alors évangélisatrice.

Elle devient évangélisatrice dans la mesure où, dans un contexte de bruit et d'agitation, elle garde des espaces de silence réservés à ce " cœur à cœur " avec Jésus, dans la fidélité à notre vocation contemplative.

Elle devient évangélisatrice parce que la prière, à contre courant d'un désir du tout " tout de suite ", la met à l'école de la patience, de la gratuité, de l'attente, de la confiance en Dieu Père source du vrai bonheur dont les hommes et les femmes de notre temps sont en quête.

Elle devient évangélisatrice car, face à l'ambition du pouvoir et de l'avoir, elle est appelée à suivre de près Jésus Serviteur qui lave les pieds des disciples et s'offre dans le Pain partagé.

Elle devient évangélisatrice dans son ministère de louange, d'adoration et d'intercession.

Cette source à laquelle nous venons nous désaltérer, nous sommes appelées à l'offrir gratuitement à nos frères et sœurs assoiffés d'Absolu, d'intériorité, d'une quête de Dieu. C'est donc un appel à rester fidèles à cette vie contemplative, à la nourrir, mais aussi à la transmettre.

C'est donc à partir de ces deux pôles forts de notre vie communautaire et de notre vie contemplative, que se fonde notre vocation missionnaire de Petites Sœurs de l'Evangile.



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